La vie en société ne se limite pas aux besoins matériels immédiats de l’individu. Les fonctions sociales prennent d’autant plus d’importance que les fonctions vitales sont assurées. C’est là que la consommation devient language et que l’objet n’est plus consommé en soi mais pour ce qu’il connote, évoque, signifie.
Par S. Lhalou
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Une des meilleures preuves que le principe et la finalité de la consommation nest pas la jouissance est que celle-ci est aujourdhui contrainte et institutionnalisée non pas comme droit ou comme plaisir, mais comme devoir du citoyen. Il doit veiller à mobiliser constamment toutes ses virtualités, toutes ses capacités consommatives. Sil oublie, on lui rappellera gentiment et instamment quil na pas le droit de ne pas être heureux. Il nest donc pas vrai quil soit passif : cest une activité continnuelle quil déploie, quil doit déployer. Sinon il courrait le risque de se contenter de ce quil a et de devenir asocial.
Il faut tout essayer car lhomme de la consommation est hanté par la peur de rater quelque chose, une jouissance quellle quelle soit. On ne sait jamais si telle ou telle expérience ne tirera pas de vous une sensation. Ce nest plus le désir ni même le goût ou linclination spécifique qui sont en jeu, cest une curiosité généralisée mue par une hantise diffuse
où limpératif de samuser, dexploiter à fond toutes les possibilités de se faire vibrer, jouir, ou gratifier.
Par Jean Baudrillard
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Les recherches sur le comportement du consommateur sont nées dans les années 1950 aux Etats-Unis, pour répondre aux besoins des entreprises. On peut les classer en deux catégories : celles qui scrutent les variables explicatives des choix de consommation (qui achète et pourquoi ?) et celles qui se penchent sur les processus de descision (comment ?).
Selon cette optique, les agents effectuent des arbitrages en fonction de leurs revenus, des biens offerts et de leurs prix. La motivation d’achat exprime une disposition dans un contexte donné, mais quand il se répète, un comportement révèle une structure plus stable : la personnalité. Car un acte de consommation résulte à la fois de facteurs internes et de stimulations externes (prédisposition face à un produit + appartenance sociale, normes et croyances intériorisées)
Par Philippe Cabin
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Si un choix de consommation est guidé par des facteurs explicatifs, il est aussi le résultat d’un enchainement d’événement. SI j’achète tel magnestoscope, il a fallu que j’éprouve le besoin d’en avoir un, que j’aie connaissance de l’existence de cette marque et que je sois en situation concrète de pouvoir l’acquérir. Il passe donc par une série d’étapes nécessaires.
La première de ces étapes est la perception du produit. Or, les travaux sur la perception montrent toute la complexité du phénomène : ainsi les recherches ont montré que les mêmes individus, incapables de déceler « en aveugle » une différence de goût entre des bières différentes, y parviennent lorsque l’on réappose des étiquettes sur les capsules. L’image de marque est une ressource capitale pour les producteurs.
Un publicitaire, s’il veut amener les consommateurs à adopter son produit, doit les convaincre. L’analyse des mécanismes de la persuasion publicitaire montre notamment qu’une sensibilisation progressive est plus efficace qu’une attaque frontale, car les individus ont tendance à préserver la cohérence de leur attitude. Elle souligne également que l’emploi d’arguments affectifs et emotionnels dans la publicité n’atteint ses effets optimaux que dans certaines circonstances : quand le produit est utile et l’implication des consommateurs très faible (une éponge) ou à l’inverse lorsque le produit a une forte dimension symbolique et que l’implication est forte (un parfum).
Si l’acte de consommation passe par une phase cognitive de traitement de linformation, il s’inscrit ensuite dans une situation concrète : on peut arriver dans un magasin avec l’intention d’acheter un produit et finalement ne pas le trouver, en choisir un autre plus attrayant, ou simplement changer d’avis. Des méthodes d’investigation cherchent à reconstituer les processus d’achat et permettent de mesurer l’impacte de la situation sur l’achat des produits.
Par Philippe Cabin
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