Crise de Remise En Question (CREQ)

Publié le par Bernard Werber

L'homme est en permanence conditionné par les autres. Tant qu'il se croit heureux, il ne remet pas en cause ces conditionnements. Il trouve normal qu'enfant on le force à manger des aliments qu'il déteste, c'est sa famille. Il trouve normal que son chef l'humilie, c'est son travail. Il trouve normal que sa femme lui manque de respect, c'est son épouse (et vice-versa). Il trouve normal que le gouvernement lui réduise progressivement son pouvoir d'achat, c'est celui pour lequel il a voté. Non seulement il ne s'aperçoit pas qu'on l'étouffe, mais encore il revendique son travail, sa famille, son système politique, et la plupart de ses prisons comme une forme d'expression de sa personnalité. Beaucoup réclament leur statut d'esclave et sont prêt à se battre bec et ongles pour qu'on ne leur enlève pas leurs chaînes.

 

Pour les réveiller il faut les CREQ, "Crises de Remise En Question". Les CREQ peuvent prendre plusieurs formes : accidents, maladies, rupture familiale ou professionnelles. Elles terrifient le sujet sur le coup, mais au moins elles le déconditionnent quelques instants. Après une CREQ, très vite l'homme part à la recherche d'une autre prison pour remplacer celle qui vient de se briser. Le divorcé veut immédiatement se remarier. Le licenciés accepte de rependre un travail plus pénible. Mais entre l'instant où survient la CREQ et l'instant où le sujet se stabilise dans une autre prison, surviennent quelques moments de lucidité où il entrevoit ce que peut être

la vraie liberté. cela lui fait d'ailleur très peur.

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Publié dans lecture O-O

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