psychotropes
Le penchant des Francais pour les medicaments psychotropes (andidepresseurs, anxiolytiques ou somniferes) ne cesse de progresser Cet usage, souvent abusif et de plus en plus chronique, repond a un mal etre, que les medecins ne peuvent gerer. "Docteur je me sens un peu deprime" ; "docteur , je suis un peu nerveux" ; "docteur je ne dors pas tres bien" . En France, un nombre croissant de patients consultent pour des troubles psychiques, on peut meme dire que les francais sont les plus gros consommateurs en europe. Voila bientot dix ans que la surconsommation de psychotropes est demontree sans qu'aucune mesure n'ait ete prise par les pouvoirs publics pour inverser la tendance.

De multiples facteurs peuvent expliquer pourquoi les francais sont devenus si accros aux psychotropes, dont l'abandon du mot "folie" au profit du terme "sante mentale"/ "souffrance psychique", la puissance de l'industrie pharmaceutique, la propension de la societe a reconnaitre le mal etre ou encore l'apparition d'entites cliniques mal definies (depression, stress, anxiete).
Le medicament est envisage comme une bouee, une canne, qui donne au patient un soutient pour continuer a vivre et parce que les affections ou les difficultes de la vie sont chroniques, la prescription tend elle-meme a le devenir.
Ce probleme de la dependance se retrouve dans le traitement de l'insomnie chronique, puis de ce fait, les usagers de somniferes se disent avoir une personnalite insomnique
(la prise de medicament donne un nom, une identite, un statut).
D'autres, comme l'etat depressif, prennent des psychotropes comme des palliatifs et entrent dans un cercle vicieux : ils ne savent pas si la stabilisation de leur etat est due aux produits ou bien si ce sont eux qui vont mieux. Surtout quand leur mal etre ne releve pas d'un evenement particulier mais se situe a l'interieur d'eux meme, en profondeur...
Premier responsable : l'industrie pharmaceutique, qui est dans sa logique industrielle de vendre sans cesse davantage.

Deuxieme responsable : le medecin generaliste qui n'a rien d'autre a proposer a des patients qui viennent lui exposer un malaise social... Que repondre a quelqu'un qui dit " Docteur, je ne vais pas bien " ? S'il ne jouait pas ce role, il y aurait surement des desordres sociaux beaucoup plus importants. (c'est a la societe de se demander quelles seraient les consequences si rien n'etait fait)
Troisieme responsable : l'usager, qui a besoin d'une reconnaissance immediate de sa souffrance, qui est soulagee par la legitimite du diagnostique (" tu vois bien, le docteur ma faut une ordonnance ")
A tout niveau on endort l'opinion critique. Aujourd'hui, la depression est un des marches les plus lucratifs, grace a une angoisse liee a la precarite du travail, a la desorganisation des familles, a la perte des reperes...