Histoire de COEUR

Publié le par Bernard Werber

Elle eclata de rire et le plaqua contre le mur, le maintenant d'une pression ferme sur les epaules. Luc se demandait si c'avait ete une si bonne idee de la rettraper lorsqu'elle saisit brusquement le col de sa chemise. D'un geste sec, elle tira sur le tissu et lui decouvrit la poitrine. Il en fut si surpris qu'il n'osa ni bouger ni parler. Il suivit simplement du regard la main de la femme qui plongea droit en lui. La peau de Luc se dechira. Il cru qu'il allait mourir mais ne vit aucun sang jaillir de son torse. La jeune femme ouvrit une trappe dans son epiderme et extirpa un coeur artificiel.
-Vous croyez que vous seriez capable d'aimer avec ca ? s'exclama-t-elle en lui posant le coeur artificiel dans la main. Quelle impudence ! J'ai devant moi une machine qui se permet de juger les machines ! Objets inanimes avez-vous donc une ame ? La vrai question serait : Humains animes, avez-vous donc une ame ?
Elle fixait l'organe rouge parpitant et Luc le contempla qui gresillait dans ses paumes.
-... c'etait pas la peine de faire le fier, de se croire different. C'est du modele courant. Ce n'est qu'un coeur a horlogerie hydraulique.
Elle le saisit et le replaca dans la trappe de son poitrail qu'elle referma d'un coup sec. Puis devant la mine decomposee de Luc, elle lui ebouriffa gentiment les cheveux.
-Moi aussi j'en dissimule un identique. Il y a belle lurette qu'il n'existe plus d'organisme vivant sur la Terre, expliqua-t-elle. Nous sommes tous des machines qui nous croyons vivantes parce que nos cervelles sont programmees pour en donner l'illusion. La seule difference entre un distributeur de cacahuette et vous, c'est que vous revez ... REVEILLEZ-VOUS !

Publicité

Publié dans lecture O-O

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
K
Mais tu sais bien que *les sentiments n'existent pas* ... ne sont qu'un *prétexte* ... ;-)
Répondre
T
Peut être que l'Homme serait bien mieux ainsi, en Homme-Machine, plutot qu'en éprouvant des sentiments qui le conduiront inéxorablement à sa perte.
Répondre